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l'épopée de Muad'Dib
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Muad'Dib


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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 20:09 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 20:09 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Muad'Dib


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MessagePosté le: Ven 18 Avr - 20:11 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

La nuit est passée bien vite. Je suis éreinté. Tout mon corps n’est qu’une charpie sanglante et puante. J’ai croisé des dizaines de personnes, des mages, des voleurs, des guerriers, d’autres paladins… J’ai vu des nains, des elfes… J’ai répondu aux missions qui m’étaient assignées, j’ai gagné des niveaux, avec à chaque fois ce bien-être et ce contentement qu’un niveau vous accorde.
J’ai rencontré mon maître, une femme charmante qui m’a appris de nouveaux sorts, j’ai tué des kobolds, des défias, investi une mine, croisé un moine ivrogne qui m’a échangé une cape contre quelques bouteilles de vin.
Maintenant, à l’auberge de Comté de l’Or, je peux goûter un repos mérité. Demain est un autre jour…

La forêt d’Elwinn est curieuse… Elle paraît calme, verdoyante, plutôt sympathique, mais ne vous aventurez pas dans les sous-bois, ou alors à vos risques et périls. Ici, les loups sont plus gros, plus grands, plus forts, les défias plus dangereux, les kobolds redoutables, et ne parlons pas des murlocks. J’y ai rendu quelques menus services à beaucoup de gens rencontrés ici et là. A croire qu’ils ont tous besoin de quelque chose. D’un autre côté, je les comprends : quand on connaît un peu la forêt d’Elwinn, il vaut mieux éviter d’aller y faire ses besoins derrière un arbre. A coup sûr, on y rencontrera une araignée géante, ou un loup, pressés de faire opportunément un délicieux repas d’humain. Ces gens sont feignants, à Elwinn. Que le Maréchal Dungann m’envoie à la garnison du ruisseau de l’Ouest pour porter une missive à l’adjoint Rainer, je le comprends ; c’est un homme occupé, qui a de nombreuses responsabilités. Mais quand il s’agit de simplement traverser la rue pour rencontrer quelqu’un à qui on peut s’adresser en parlant fort, là, je le dis tout net, c’est exagéré. Et ils ne sont pas tous sympathiques : ce Rémy deux fois, par exemple, qui voulait de l’or récolté chez les kobolds. Quel lâche ! Il n’avait qu’à y aller lui-même. Heureusement que la récompense a été à la hauteur.
Dans la mine où je cherchais Dent-d’Or pour le tuer, j’ai buté sur un voleur. Je ne l’avais pas vu, il s’était rendu invisible. J’ignorais ce don… il m’a expliqué que les voleurs ont ce pouvoir… parmi d’autres. J’étais étonné aussi au moment du combat, parce que les coups de Dent d’Or faisaient très mal, et je le voyais perdre de plus en plus de sa vitalité. J’ai eu une inspiration soudaine : j’ai essayé ce sort que je connais de pouvoir me rendre de la vie, mais sur lui. Et ça a marché ! Cela m’a conforté dans ma vocation, aider, soigner, rendre de la vie. En allant rendre son collier à Tatie Bernice, on est retombés sur cet affreux gosse qui l’avait perdu. Si jamais un jour j’ai des enfants, j’espère qu’ils ne seront pas comme lui. Quel sale mouflet ! Je veux bien défendre tout le monde, y compris la veuve et l’orphelin, mais pas lui. Ou alors, qu’il essuie la morve qui lui coule du nez !
Tout le monde me parle de Hurlevent. Pour moi, jusqu’à présent, le monde s’arrête à Comté de l’Or et la forêt d’Elwinn. Il faut donc que je fasse mes paquets, et que j’aille visiter cette fameuse capitale.
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Muad'Dib


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MessagePosté le: Lun 21 Avr - 13:11 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

Quel vacarme ! C’est donc ça, une capitale… Lors de mon arrivée dans ce monde, à l’Abbaye de Comté de l’Or, je me souviens avoir été impressionné par le bruit et l’agitation qui y régnaient. Mais c’était sans commune mesure avec le spectacle qui envahit mes sens aujourd’hui. D’abord, le grandiose : cette entrée magistrale, démesurée, puis le quartier commerçant, grouillant de monde, toutes races confondues. Le bruit, on parle haut, on se renseigne, on se cherche, on achète, on vend… Le mouvement, on court, on s’agite, on se bouscule… un cavalier, sur une monture étrange me fonce dessus sans se préoccuper de moi plus que cela. Je n’ai que le temps de me plaquer contre un mur pour ne pas être renversé. Un bonimenteur m’alpague pour me vanter les mérites d’un vendeur de vins. C’est gratuit, j’irai y faire un tour. Surtout, l’odeur ! Un relent de violence et de mort flotte à travers toute la ville. On sent, et on ressent, tout le monde étrangement décontracté, mais aux aguets en permanence. Comme si, même dans la capitale, le danger était partout, pouvant survenir à tout moment.
Un nain puant m’aborde. C’est un guerrier aussi large que haut : il m’arrive à la taille mais il ressemble à un cube. Je ne sais pas comment il peut brandir son épée tant elle est énorme ; et pourtant dans son regard, je décèle une force effrayante, je lis une épopée invraisemblable, faite de violence, de combats et de morts. « Tu veux faire partie de ma guilde ? Tiens ! Tu n’as qu’à signer là ! ». Guilde ? Je suis déjà dans l’armée d’Elwynn. Ce n’est pas la même chose ? Bon, il est urgent d’attendre. Non, ça ne m’intéresse pas. Il n’insiste pas, et j’en suis fort aise. Je dois d’abord savoir ce qu’est une guilde… et puis, un recruteur qui pue autant, dont chaque parole laisse échapper des relents de bière fétide, de vomis et de dents cariées m’effraye un peu.
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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 05:35 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

Pour quand la suiteeee ????
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Alors, vous prenez un Orc, vous prenez une épée, vous me la donnez et regardez...


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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 08:55 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

Je viens de découvrir de nouveaux quartiers un peu plus calmes. Le quartier des mages me fait froid dans le dos. Un mystère y plane, je ne sais lequel, j’ai le vague sentiment d’être observé et épié dans mes moindres gestes. La boutique de l’alchimiste laisse échapper des senteurs étranges ; je n’ose pas m’aventurer à l’intérieur. Al’auberge, j'ai à peine le temps de commander mon verre qu'un mage fait apparaître des fantômes qu’il combat en psalmodiant des paroles étranges. Il s’en sort, mais de justesse. Grand seigneur, j’utilise moi-même mon incantation et je le soigne dans son corps et son âme, en lui rendant la totalité de sa capacité vitale. Il me remercie et me paye un verre. Nous commençons à parler, de la vie de ce monde, de nos armes, de nos combats.
J’apprends qu’il existe des univers parallèles, identiques au nôtre. Chaque univers porte un nom différent, le tout étant sous le contrôle d’une entité mystérieuse que beaucoup hésitent à nommer. On désigne cette entité par « eux », « ils », ou encore « blibli ». Je ne pense pas que ce soit un dieu au sens strict du terme. Non, c’est un être informel qui détient le pouvoir de vie et de mort, de la vraie mort, sur nous.
La bière commence à faire des ravages. L’auberge me paraît moins effrayante, et beaucoup plus floue.
« Tu as déjà fait les MM ?
- Les MM ?
- Oui, les Mortemines… Tu es nouveau, toi, ici !
- En effet, j’apprends ce monde. Je ne comprends pas tout, mais il me plait bien.
- Tu verras, les MM, c’est bien. Dangereux, mais bien. Il faut y aller à plusieurs. On y trouve des trésors, des armes incroyables, des équipements, de l’argent... Tu veux qu’on y aille ? Je monte un groupe, et on va aux Mortemines… »
La dernière bière était de trop… J’ai à peine le temps de sortir de l’auberge et d’aller vomir dans un buisson. Quelle cuite ! Je vais devoir m’asseoir un peu et attendre que ça redevienne net autour de moi. Quand je suis de retour, le mage a disparu. Tant pis ; déjà, il va falloir que je me souvienne de tout ce qu’il m’a dit. Vu mon état, ce n’est pas gagné. Je loue une chambre et je me couche. Le lit tangue encore un peu, mais demain sera un autre jour.
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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 18:31 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

Quelle gueule de bois ! Je me réveille avec un oreiller dans la bouche, une enclume à la place de la langue, et une haleine que m’envierait le nain rencontré la veille…
Derrière moi, un bruit de cavalcade. J’ai à peine le temps d’apercevoir une dizaine de cavaliers déboulant à toute allure sur les quais. Je suis obligé de bondir sur le côté pour les éviter et… je me retrouve dans l’eau du canal.
Pouah… Heureusement, ça me permet d’apprendre que je sais nager. L’eau a un goût étrange, pas vraiment sale ni polluée, mais trop neutre pour être honnête. Ou alors, c’est l’état de ma bouche qui ne supporte définitivement plus aucun liquide, même sans alcool.
Je n’aurais pas imaginé que ma visite de Hurlevent se poursuivrait par un bain forcé. Mon état physique me permet à peine de sauter sur le débarcadère et je dois m’y prendre à de nombreuses reprises pour remonter. A croire que pour avoir prévu si peu de remontées, je suis un des seuls à être tombé…

De retour dans le quartier des commerces, je croise une femme, avec une ribambelle de gosses autour d’elle. Elle est encore très jolie, malgré les stigmates que laissent l’usure du temps, du travail et du malheur, même sur les plus beaux visages… Nos yeux se croisent, elle me sourit timidement. J’apprends qu’elle s’appelle Stéphanie, qu’elle garde des orphelins, et qu’elle n’a même pas l’étoffe nécessaire pour confectionner des vêtements potables à ces enfants. Qu’aurais-je dû faire ? Passer mon chemin ? J’avoue y avoir pensé. Du lin, j’en ai la quantité nécessaire dans mes sacs, mais je comptais aller le vendre. C’est que la vie est chère à Hurlevent ! Et voilà… ce doit être le syndrôme du paladin : tu as besoin de quelque chose ? Ben vois un paladin, il est là pour aider !
Maintenant que je suis fauché, je n’ai plus qu’une solution, je vais retourner à Elwynn. Et peut-être pousser plus loin mon exploration. La nourriture d’Azeroth a ceci d’avantageux qu’elle soigne (presque) tout… même les maux de tête dus à la gueule de bois. Je suis en forme, je suis ici-bas pour guerroyer, ça me démange. Attention, l’aventure, j’arrive !
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MessagePosté le: Mer 23 Avr - 09:43 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

Nous courons comme des dératés le long des galeries de la mine. Mes poumons vont exploser. Pourquoi ne puis-je arrêter de fumer ? Au moins, je pourrais aller aussi vite que ce guerrier. J’ai du mal à suivre le groupe. Ça a commencé avec un type qu’on devait accompagner à Ruisselune. J’étais avec un voleur, on s’en est tirés sans trop de bobos. Quand il m’a proposé les Mortemines, j’ai sauté sur l’occasion, d’autant plus que j’ai un gars à tuer là-bas. Un de plus, me direz-vous ? Et bien oui, je l’ai compris, maintenant, ça fait aussi partie de ma destinée, que de combattre, écraser, tuer, soigner les… Ouch ! … Il me fait mal, celui-là, il me brûle, chaque cm2 de ma peau est en feu ! Pourtant, je dois soigner le guerrier qui en prend autant que moi… et sur lui ils sont quatre. Malgré la douleur, je parviens à lancer mon incantation. Il a un répit, je peux m’occuper de moi. Je fonce sur celui qui m’inflige cette brûlure. J’ai appris qu’ils sont dangereux, mais que si je parviens à m’en approcher à hauteur de mon épée, je l’aurai sans problèmes (mouais, presque sans problème). A côté de moi, le mage qui nous accompagne déclenche un déluge de feu. La vue brouillée par la sueur et le sang, les yeux en feu, j’ai le temps d’apercevoir mon bras couvert de cloques avant de fracasser le crâne de mon ennemi. Mes idées redeviennent claires. Autour de moi, mes quatre compagnons commencent à dépouiller le tas de cadavres qui jonche le sol. Il faut que je me soigne de toute urgence… Le temps de m’asseoir quelques secondes, une potion, ça va un peu mieux. Je peux soigner les autres, piller les maigres biens trouvés sur les cadavres, et à nouveau la course folle reprend.
Le canon fait un vacarme infernal, la lourde porte de chêne explose sous l’impact du boulet, nous nous ruons dans la pièce suivante. J’avais déjà vu des gnomes à Hurlevent, mais là, c’est la première fois que j’en vois un de si près… Je n’ai pas trop le temps de l’observer plus. Avec l’aide d’un des deux voleurs, nous l’éliminons sans presque nous arrêter. Les autres sont déjà loin devant, il faut courir, courir, encore courir, frapper, encore frapper, courir… J’ai à nouveau un répit, personne ne m’attaque et je peux surveiller mes compagnons. Le mage continue à se battre, mais il a morflé, je le vois faiblir… une incantation, il reprend de la vigueur et continue son œuvre de destruction systématique.
Palier par palier, nous investissons le bateau. La technique semble bien au point : le guerrier nargue l’adversaire, se rue dessus. L’un des deux voleurs l’accompagne, inflige des dégâts monstrueux, et souvent assène le coup de grâce. A côté de moi, le mage psalmodie des incantations effrayantes. En général, je devine quel adversaire il visait quand je vois l’autre s’affaler comme une marionnette sans fil. L’autre voleur est un peu en retrait, nous protégeant du coin de l’œil. Il m’a déjà sauvé la vie tout à l’heure en venant à mon aide alors que j’avais deux gnomes sur le dos, qui me collaient comme des chewing-gum, tandis que je soignais le guerrier. S’en débarrasser a presque été une formalité pour lui – enfin, formalité, j’exagère peut-être un peu, mais on ne peut qu’admirer celui qui vous secoure.
Le voilà donc, ce fameux VanCleef ! Le temps de reprendre des forces, et la stratégie maintenant au point est appliquée. Ce n’est pas le combat le plus difficile que nous ayons eu à mener. Le mage récupère un superbe bâton. Moi, je découpe consciencieusement la tête, je l’enroule dans une étoffe de lin et la dépose dans mon sac. J’espère qu’elle ne va pas tout saloper. Pour un peu, je la laisserais bien là, mais la récompense promise est assez énorme.
- gg all ! Le guerrier se met à danser sur le cadavre sans tête de VanCleef.
- gg ! je le needais ce bâton !
Les nerfs tombent. On se félicite mutuellement, on se note les noms dans nos carnets, en se promettant de se revoir, et de repartir ensemble.
J’utilise ma pastille magique qui me ramène à l’auberge, à Hurlevent. Avant de m’endormir, je pense qu’un jour il faudra que je me fasse un lexique de l’argot d’Azeroth. GG, encore, je comprends. Mais parfois, j’ai l’impression que l’on me parle en extra-terrestre ! On verra demain. Demain est un autre jour.
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MessagePosté le: Mer 23 Avr - 14:26 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

- Super quand même, cette auberge,  me dit Leyaa.
- Oui, quand je pense à mon premier repas en Azeroth, une vieille pomme et un peu d’eau…
Je recule ma chaise, étends mes jambes sous la table, je dégraffe ma ceinture et je rote bruyamment.
- Espèce de dégueulasse me dit Leyaa. D’accord on est des combattants, d’accord on côtoie la mort à chaque minute de notre vie, mais c’est pas une raison pour te comporter comme le dernier des nains venus !
- Excuse-moi… Je me suis laissé aller. Mais aussi, je suis seul depuis si longtemps que les bonnes manières n’ont plus beaucoup de place pour s’exprimer.
Ses yeux noirs se radoucissent un peu, et elle esquisse ce qui pourrait ressembler à un sourire.
- T’es excusé. Mais ne recommence pas devant moi, où j’envoie mon pet te caresser le bas du dos.
J’ai rencontré Leyaa à l’entrée des Carmines. Elle venait de donner au garde Parker un repas, de la part de la servante de l’auberge. J’avais l’air malin avec moi aussi un repas pour le garde… Il ne doit pas arrêter de manger. Par la suite, la servante nous expliquera que les routes sont si peu sûres qu’elle demande à tout le monde de porter ce satané repas, en espérant que l’un de ses messagers arrivera vivant…  Ça donne confiance !
On est allés ensuite chercher ce bouquet chez la fleuriste… A voir sa réaction, on s’est mis à imaginer une grande histoire de ménage à trois et de jalousie entre l’herboriste, Darcy la servante et le garde Parker. Veinard, ce garde, me suis-je dit. Mais qu’il fasse attention, avec tout ce qu’il mange ; on voit d éjà poindre un début d’embonpoint sous l’armure.
Le feu de l’âtre pénètre doucement dans mon corps endolori et me réchauffe délicieusement. Je commence à somnoler, à rêver d’épisodes de ma vie d’avant, de Dune, d’Arakhis, je revois…
- Alors, on y va ?
Je n’aperçois que le bas de la robe de Leyaa. Elle a balancé un grand coup de pied dans ma chaise, et je me suis vautré lamentablement par terre.
- Ben on a promis, faut y aller…
Tuer Fouailleventre ne nous prend pas longtemps, c’est presque une formalité. Et heureusement, parce que se retrouver à nouveau avec du sang de cochon partout pour ne récupérer qu’un bouquet, ça ne paiera même pas la douche.
On a ensuite passé le reste de la journée à taper sur tout ce qui bouge : des araignées, des dragonnets, des murlocs, des gnolls… Mes sacs sont pleins de butin, et j’en tire un bon prix chez le forgeron.
Leyaa, elle, est enchanteur. Je ne suis pas sûr qu’elle ait choisi un bon métier pour devenir riche : tout ce qu’elle ramasse, elle le désenchante. Elle en fait des poudres mystérieuses, elle murmure quelques mots sur une arme ou un plastron, et soudain une qualité nouvelle apparaît… comme par enchantement. C’est comme ça que ‘jai une épée qui commence à faire pas mal de dégâts, et une armure qui me protège assez efficacement.
Le soir venu, je l’interroge sur son autre vie, sur son créateur IRL, mais elle reste assez évasive. Elle ne se pose pas mes questions transcendantales. Elle est ici pour exister le plus longtemps possible et pour se battre, cette vie semble lui convenir.
- Tu sais, me dit-elle, ici, nous les nouveaux, on nous appelle les noobs en argot. J’ai mis longtemps à comprendre ce que ça voulait dire.
- J’ai le même problème, je lui confie. Je croyais que dsl signifiait que j’avais des problèmes de transmission adsl avec mon cr éateur… Dès que je ne sentais plus sa présence, je criais à qui mieux mieux « dsl, dsl »… Beaucoup ont dû se demander pourquoi j’étais si désolé.
- Ta capacité de soigner, ici, ça s’appelle healeur. Au début, j’entendais tout le monde qui réclamait « healeur »… Moi, je m’étais dit que ce devait être un super combattant pour être demandé par tout le monde comme ça.
On se regarde, on éclate de rire. Encore une bière et hop, demain sera un autre jour.
 
 
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MessagePosté le: Jeu 24 Avr - 10:26 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

« Je déteste cet endroit, dit Leyaa qui court à mes côtés.
- Je n’y passerais pas mes vacances…
- Regarde ce que m’a fait l’araignée qui vient de me piquer… Mon bras enfle à vue d’œil.
- C’était une solitaire verte. Quelque chose me dit qu’on va rencontrer pire. «
Le Bois de la Pénombre mérite son nom. Plus nous avançons, plus la lumière s’estompe pour céder la place à une sorte de crépuscule permanent du plus mauvais augure.
« Bonjour braves combattants de l’Alliance… Voulez-vous jeter un œil sur mes articles ? J’ai des fioles pour vos potions ; j’ai même cueilli quelques plantes qui pourraient vous être fort utiles.
- Bonjour brave homme… Antonio ? Antonio Pirelli ? C’est bien votre nom ?
- En effet, Seigneur Paladin. J’arpente les sous-bois à la recherche de plantes que je revends aux voyageurs… Il m’arrive aussi parfois de « trouver » quelques objets dans la forêt. Regardez, Paladin, voulez-vous cette lourde masse à pointe ? Je suis tombé cette nuit sur le cadavre d’un ogre. Vu son état, il n’en aura pas besoin avant longtemps. Moins d’une soixantaine de pièces d’argent. Avouez que c’est une affaire… «
Je regarde très vite ses articles, mais non ! Ce n’est pas une affaire. Mon épée est moins lourde, plus solide, et grâce à l’enchantement de Leyaa, elle me donne plus de force. En outre, je suis mineur et forgeron, pas herboriste. Ses plantes, je ne saurais qu’en faire.
« Ça t’intéresse, Leyaa ?
- Pas du tout. Mais peut-être pourriez-vous nous indiquer la prochaine ville ?
- Une ville ? Antonio éclate de rire. Parlons plutôt d’un village. Sombre-Comté est à côté. Vous y trouverez le nécessaire : un repas, un lit, une forge pour réparer vos armes… Mais faites attention : vous y trouverez aussi des créatures étranges. Le bois de la Pénombre est un vaste cimetière… Les esprits et les squelettes ne sont jamais très loin. »
- Du moment qu’on y trouve du travail, répond Leyaa, les esprits et les squelettes, ça me connaît. Je suis démoniste, après tout
- Alors bonne chance, petite demoiselle… Bonne chance. «
Je n’aime pas trop la façon dont Antonio déshabille Leyaa du regard. Nous prenons congé très vite.
Pour décrire Sombre-Comté, disons que c’est… sombre. Le village ne respire pas l’opulence. On y sent les habitants apeurés, toujours inquiets du prochain malheur qui va leur tomber dessus. Et ce ne sont pas les quelques gens d’arme présents qui vont nous rassurer. Le point positif, c’est qu’on y trouve aussi une station de griffons. On pourra voyager un peu plus vite qu’à pied. On m’a dit qu’après avoir bourlingué un peu, et avec une certaine expérience, le paladin peut invoquer une monture… Vivement ce moment béni. Mais combien de fois devrai-je affronter la mort, avant de posséder ce don ?
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MessagePosté le: Ven 25 Avr - 08:36 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

Yorgen Sven est un type plutôt sympathique. Je l’ai connu en allant lui porter du ravitaillement. Il m’a raconté sa vie, ça n’a pas été tous les jours la fête pour lui. Il vit dans un camp, non loin de la rivière. Avec Leyaa, nous l’avons aidé à tuer des loups. Puis, quand il vous regarde avec ses yeux de chien battu, et bien vous ne pouvez rien lui refuser. C’est comme ça qu’on s’est retrouvés à écumer le cimetière pour détruire toute une ribambelle de squelettes, de morts-vivants et de goules. Le pire, ce n’est pas l’odeur de putréfaction qui émane de ces choses, ni les chairs gluantes qui s’écrasent sous les coups. Non ! Le pire, ce sont ces ignobles vers qui s’échappent des goules une fois qu’on les a tuées. La première fois, j’ai été si surpris quand l’un d’eux s’est glissé dans ma jambière que je me suis asséné un coup monstrueux sur la jambe pour l’écraser. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas me fracasser le tibia.
Maintenant, on est cachés à l’entrée de la maison de Morbent Lagangrène. C’est la quatrième fois qu’on essaye d’y pénétrer…
« Ce n’est pas possible… J’aime bien Sven, mais là, soit on abandonne, soit on demande de l’aide. On n’y arrivera jamais tout seuls ; il ne faut pas rêver.
- J’ai rencontré un voleur l’autre jour, Suntzus. Il m’a un peu draguée, et sans me vanter, je suis sûre qu’il ne me refusera pas un coup de main…
- Evidemment, si tu uses d’arguments comme tes minauderies ou ton sourire, tu as un avantage certain sur moi.
- J’ai été à bonne école. Dans l’univers IRL, ma créatrice sait très bien y faire…
- Ce n’est peut-être pas le moment de parler de ça. Contacte plutôt ton voleur. Moi, je suis crevé, je pue, j’ai mal à la jambe, j’ai faim et je voudrais bien dormir. Alors soit tu l’appelles, soit on voit tout ça demain.
- Oh t’énerves pas… Ok, je l’appelle. »
Première surprise, Suntzus est une femme ! Une superbe humaine blonde, grande, fine et élancée. Pourquoi Leyaa m’a-t-elle dit « qu’il » l’avait draguée ? Ça recommence, j’ai un nouveau sujet à étudier, la sexualité de cet univers…
Pour l’instant, l’heure n’est pas aux causeries au coin du feu. Suntzus se lève, s’étire et entre dans la masure de Morbent Lagangrène. Un voleur de son niveau, c’est impressionnant. La garde rapprochée de Morbent qui nous avait fait si mal est balayée comme un fétu de paille sous la tempête. Suntzus tourne, saute, se permet des sauts périlleux… elle est face à un mage, un quart de seconde après il est évanoui et elle est derrière lui, frappant à coups redoublés de ses deux dagues. J’ai à peine le temps d’utiliser mon fléau qui supprimera l’aura de Lagangrène. De toute façon, je pense que Suntzus l’aurait très bien abattu même avec cette aura.
Autour de nous, le silence et un tapis de cadavres. Sur le corps de Morbent, nous trouvons une superbe culotte en tissu, que Leyaa s’empresse de mettre. Dommage, je l’aimais bien en robe.
« Et voilà, les enfants. Quoi d’autre ?
- Pour ma part, aller dormir… On a guerroyé toute la journée, et je suis crevé.
- Mais on te remercie, ajoute Leyaa. Je ne sais pas si on s’en serait tirés sans toi.
- Vous êtes encore un peu tendres, lui répond Suntzus… Votre parchemin de quête est rouge vif, et il y est écrit que vous devez y aller en groupe… Elle éclate de rire : pas en duo ! Sinon, vous ne durerez pas longtemps ici.
- Merci pour la leçon Suntzus On saura s’en souvenir.
- Avant que vous partiez, venez, je vais vous montrer quelque chose. C’est à côté «
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Muad'Dib


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MessagePosté le: Ven 25 Avr - 12:40 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

Suivre Suntzus à travers le Bois de la Pénombre, c’est facile : il avance, et les loups et les araignées tombent. C’est tout. Avec Leyaa, on a à peine le temps de récupérer quelques trucs sur les cadavres. Nous empruntons un petit chemin qui se distingue à peine sur la colline. Plus nous montons, plus le silence se fait. On n’entend plus que nos souffles courts. Le chemin s’élargit de plus en plus, et des lumières apparaissent, plantées de chaque côté. Au détour d’un virage, Suntzus s’accroupit et nous fait signe de faire de même. Il chuchote : « Regardez ! »
Mon premier dragon ! Pas un de ces petits dragonnets des Carmines, non… une bête immense, magnifique, dont la plus petite des griffes mesure trois fois ma taille. Il est magnifique. Magnifique, dangereux au point que je ne pense même pas qu’on puisse l’abattre.
- C’est un Worldboss, nous dit Suntzus, Ysondre.
- Un Worldquoi ?
- Un Worldboss… Il n’y en a que quelques dizaines dans ce monde. Celui-ci vit ici, ou à Féralas, ou à Orneval, ou encore dans les Hinterlands.
- Je ne connais aucun de ces lieux.
- Tu les apprendras bien assez tôt. Ysondre n’a été vaincu qu’une cinquantaine de fois depuis la création de cet univers. Et encore, il faut une quarantaine de combattants aguerris pour y arriver.
- Abattu ? Mais il est bien vivant… Trop, peut-être.
- Parle moins fort. On ne l’intéresse pas, il ne sent pas en nous un danger, mais on ne sait jamais… C’est fantasque, ces bêtes-là.
- D’accord, je chuchote. Mais tu ne réponds pas à ma question : tu me dis qu’il a été abattu plusieurs fois… il ressuscite ?
- Et toi, alors, tu ne ressuscite pas ? Tu as même le pouvoir de ressusciter les autres, ou tu l’auras… je connais mal les niveaux de connaissances des paladins. Pour lui, c’est pareil. Il revient. Eternellement.
- Non, moi ce n’est pas pareil, mon créateur a le pouvoir de me faire vivre ou mourir. Lorsque je meurs ici, il a le pouvoir de décider si je vais continuer à vivre ou pas, et alors il me fait revenir.
- Et bien peut-être que lui aussi, il a ses créateurs. Cette discussion m’ennuie. A bientôt, et rentrez bien. »
Il fouille dans son sac, en sort sa pierre de foyer, la frotte, et disparaît… Me laissant seul, une fois de plus, avec mes interrogations. N’y a-t-il donc que moi, ici-bas, qui ait ce genre d’interrogations métaphysiques ?
Allons dormir... Demain est un autre jour.
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MessagePosté le: Sam 26 Avr - 12:16 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

… Je suis en planque depuis plusieurs heures derrière ce buisson. Traverser le tunnel de Dun Algaz, ce serait facile. Il me suffirait de « claquer ma bulle » de protection et de courir à toutes jambes vers le tunnel ; les grunts se lasseraient vite et ce serait terminé. Mais, encore une fois, je n’ai pas osé dire non, et j’ai promis d’en tuer une petite quinzaine. Alors, je suis en planque depuis plusieurs heures… à me demander comment je vais procéder. Je suis tout seul. Je n’ai pas revu Leyaa depuis plusieurs jours et sa présence me manque. Pour le coup, à deux, ça aurait été très facile. Mon problème, c’est que je ne peux pas lancer des incantations de très loin. Je dois souvent me battre au corps à corps car mes sorts n’ont pas un grand rayon d’action. Je me décide à appliquer la technique qui m’a souvent réussi quand je suis seul face à groupe. C’est stupide comme méthode, mais ça marche… parfois.
Je cours vers mes adversaires. Il y a des grunts guerriers et des éclaireurs. Les éclaireurs m’ennuient car ce sont des archers. J’assène un coup d’épée sur le premier… ça y est, les archers m’ont repéré. Je fonce sur eux, poursuivi par le guerrier. Ils sont maintenant trois, un quatrième, puis un cinquième viennent à la rescousse. Je surveille ma vie. Je me replie vers le buisson au-delà de la route. J’en sème un, puis deux… Enfin, il n’y en a qu’un qui me poursuit, et il va abandonner. Quand il rebrousse chemin, je lui fonce dessus, il est bien obligé de se battre. Une petite incantation pour me redonner de la vie, et je l’achève. Quand je pense que je vais devoir refaire ça encore treize fois.
Les heures passent, j’en suis à mon dixième mort. Je me tape, quand une sorte de furie surgit à mes côtés. En quelques secondes j’aperçois une guerrière rouge de colère qui vient à ma rescousse. A deux, le grunt ne fait pas long feu. Je prends une potion dans mon sac.
« C’est de toi, ce massacre, me demande la guerrière ?
- Ben oui (je fais mon blasé). Pas facile, mais j’y arrive. »
Bon d’accord, je fais mon frimeur. Mais si ce n’est pas moi, qui le fera à ma place ? La guerrière jette un œil admiratif sur les guerriers étendus autour de moi. Je suis là depuis si longtemps que certains commencent à se décomposer.
- Je fais la même quête… Tu veux qu’on se groupe ?
- Tu en a tué combien ?
- Aucun… Je n’y arrive pas toute seule…
Et voilà, je vais accepter, et je vais encore me faire avoir. Je n’en avais plus que quatre à tuer, et je vais recommencer pour l’aider à faire ses quatorze morts. Mais on ne se refait pas.
Nous mettons moins de temps à deux, c’est déjà ça. La technique des guerriers m’étonne toujours. On les voit fixer un objectif, se concentrer, retenir leur souffle… Ils deviennent tout rouges, les yeux s’exorbitent, les veines du cou sont prêtes à éclater, et soudain ils foncent ! A une vitesse que personne ne peut suivre. L’ennemi est étourdi, quasi foudroyé sur place. Ensuite, ils concentrent tout le groupe sur eux frappent à tour de bras. Je n’ai qu’à rester en retrait pour faire ce que je fais le mieux, les « healer » (oui, j’assimile aussi l’argot de ce monde). Bon ! Ce n’est pas de la dentelle fine, comme tactique. Pas comme les voleurs, mais c’est foutrement efficace.
En débouchant du tunnel d’Algaz, le paysage est complètement différent. Les forêts vertes et immenses, les vallons et les plaines ont cédé la place à un marécage qui s’étend à perte de vue. Je suis dans la région des Paluns. Courageux mais pas téméraires, avec le guerrier nous nous gardons bien de nous écarter du chemin. Seul un crocolisque malveillant nous pose des problèmes. La route n’en finit pas. Cette région est immense. Au bout de longues heures, nous arrivons au port de Menethil. Le temps d’aller voir Valstag, et nous voici attablés à l’auberge, devant une bière.
- Je m’y suis habitué à cette bière… La première fois pourtant, j’ai pris une cuite mémorable.
- Normal, vous les paloufs, vous voulez imiter les guerriers, mais vous n’avez pas notre force physique. Avec vos armures en maille et vos airs efféminés, on se demande de quel côté vous êtes : vous faites dans la magie ou dans la baston ? Nous, au moins, on n’est pas ambigus. On est forts, on sait se battre, on sait boire…
- Et vous êtes aussi forts en gueule ! »
Elle m’énerve, à la fin, avec ses airs supérieurs. Elle me regarde d’un air mi-figue, mi-raisin. Elle me jauge. Elle se demande si elle va me provoquer en duel… Mais un coup d’œil sur mon âge, j’ai (je suis ?) 24 (ans ? cycles ?) et lui seulement 20, l’en dissuade.
- Bon, je suis pressée… A bientôt… peut-être. Elle disparaît.
Avant d'aller me coucher, je pense qu'il faudra que je réfléchisse sur l'âge des gens, qui correspond plus à leur expérience de ce monde qu'à leur apparence physique. Ça fait bizarre de voir quelqu'un qui a 50 (cycles ?), qui paraît 20 ans et, qui plus est, ressemble à un homme alors que c'est une femme, ou le contraire.
Une petite voix intérieure me souffle "Et encore, que sais-tu de leur créateur ?". Bon, j'ai bu quelques bières pour bien dormir, pas pour me donner des insomnies. Demain est un autre jour.
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MessagePosté le: Lun 28 Avr - 09:23 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

J’ai quitté Les Paluns où j’avais trouvé du travail pour rejoindre Leyaa qui m’a envoyé une missive. Elle me demande de l’aide pour éliminer Morganth. J’ai déjà eu à le tuer, celui-là. Nous étions quatre, ça n’avait pas été trop difficile. Mais là, à deux…
Cela me renvoie encore à cette question sans réponse : comment allons-nous gagner cette guerre si tous nos adversaires reviennent sans cesse ?  Ce monde est toujours aussi étrange à mes yeux. C’est un monde de mort, où on ressuscite sans cesse… Presque l’immortalité ! Ce n’est pas là la moindre ambiguïté.
En parlant de morts qui ressuscitent, nous en sommes à la troisième tentative. A deux c’est vraiment très dur parce que devant nous, ils sont beaucoup. Nous pénétrons à nouveau dans la tour. Le Bleu de Leyaa, son démon invoqué, me cache sans cesse la vue de mes ennemis. C’est vrai qu’il est fort, mais qu’est-ce qu’il prend comme place. Je suis obligé de healer à l’arrêt, et à vue… Alors dans ces conditions, avec une vision bleue en permanence devant les yeux, c’est compliqué. D’autant qu’à deux, je dois aussi monter au corps à corps…  Tout ça pour dire qu’à nouveau, la tentative va se solder par un échec, et que nous allons mourir encore une fois… Soudain, je vois Leyaa reprendre de la vigueur, elle qui était à l’agonie. Moi-même, alors que je croyais que j’allais aussi y passer, je me sens à nouveau plein de vie, soigné, avec du (de la) mana jusqu’à la racine de mes rares cheveux. Je vois une furie passer en trombe devant moi… une paladine, humaine, belle comme un cœur… mais l’heure n’est pas aux considérations esthétiques. En trois coups d’épée Morganth et son dernier accolyte gisent dans un bain de sang. Je découpe la tête pour Leyaa - j’ai maintenant une certaine dextérité pour trancher proprement une tête - elle l’enveloppe dans un linge et nous sortons de la tour.
« Salut, je m’appelle Morik… Il était temps, pour vous !
- Oh que oui, nous te remercions du fond du cœur.
- Vous, les noobs, vous vous croyez souvent surhumains… Il faut parfois ne pas hésiter à demander de l’aide.
- Ben il n’y avait pas grand’monde intéressé, rétorque Leyaa. L’auberge était vide.
- C’est à ça que sert une guilde. Il y a toujours un hlvl qui traine pour venir vous aider dans ces cas-là…
- Un hlvl ?
- Oui, c’est l’argot : un haut niveau. Quelqu’un qui a beaucoup plus de cycles de renaissance que toi, donc beaucoup d’expérience, de force et de pouvoir.
- Effectivement, j’ai connu 26 fois ce cycle, cet état de béatitude quand la lumière m’envahit, quand on sent des dons et des qualité nouvelles vous investir, quand…
- Eh le poète… On s’en fout de tout ça. On est là pour faire la guerre. Je vous parlais de la guilde. Ça vous intéresse ?
Comment refuser ? Après tout, il nous sauvé la vie, et il a l’air plutôt sympa. Je dis « Il » parce que je sens confusément que malgré son apparence féminine, c’est un homme dans son âme. Cela me sera confirmé par la suite. Après un court conciliabule avec Leyaa, nous acceptons. Voilà, nous faisons maintenant partie de la guilde des Chasseurs de Dragons.
Morik essaie de nous inculquer les principes d’une guilde, mais ça m’ennuie très vite. Je pense, au bout de cinq minutes, que finalement ça commence mal. Que je ne suis pas à l’armée. Que je dis bonjour si je le veux et à qui le veux. Que je ne connais pas tout ces nouveaux venus dans mon cerveau, qui m’assaillent de questions…
«  Bon, on est pressés, dis-je à Morik. On se voit plus tard ? »
Je sens bien que mes manières laissent à désirer et que ma façon de le planter là est des plus cavalières. Mais comme toujours dans ces cas-là, il est urgent pour moi de réfléchir. Donc je vais aller à l’auberge, me restaurer, boire une bière ou deux et on verra demain. Demain est un autre jour.
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Domino


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MessagePosté le: Mar 29 Avr - 08:50 (2008)    Sujet du message: ! Répondre en citant

Wah j'aime beaucoup beaucoup !

A quand la suite =)
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Dømino Harvey


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MessagePosté le: Mar 29 Avr - 16:48 (2008)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib Répondre en citant

« EH ! Le Paladin !
- Ho ! Muad ! Tu réponds ?
- MUAD’DIB !!! Tu vas nous répondre ou tu nous fais définitivement la tête ? »
Je suis tellement habitué à entendre des gens qui s’apostrophent autour de moi, voire même qui m’apostrophent pour me demander de l’aide, ou quémander des pièces d’or, que je n’ai pas réagi du premier coup.
J’ai devant moi un paladin et un voleur, humains. Je remarque leurs tabards… Ils sont de la même guilde : la mienne !
« Oh, des gens de ma guilde, c’est la première fois que j’en croise, à part Morik, une seule fois…
- C’est un peu normal me dit le voleur, Dairen, tu ne réponds pas à nos missives, tu nous ignores… alors comment veux-tu qu’on se connaisse ?
- Peut-être qu’on fait trop clochards pour toi, ajoute Arzaraelus, le paladin. «
Le rouge me monte au front. Je ne peux que balbutier un vague : « Non, mais j’apprends ce monde, je ne suis pas au courant de toutes les coutumes !
- C’est ton premier perso ?
- … ?
- Oui, tu es reroll ?
- Reroll ?
- Ça doit être ton premier, tu es vraiment trop noob…
Arzaraelus rigole franchement. Il fait de grands moulinets avec ses bras, tourne autour de moi… un expansif, quoi ! Dairen, au contraire, est plus réservé, avec toujours au coin des lèvres un petit sourire ironique.
- D'accord ! On va t’expliquer : le premier perso, c’est ta première venue dans ce monde, sous cette forme. Ensuite, ton créateur pourra décider de te donner des frères, ou des sœurs… En réalité, ce sera plutôt tes enfants, car ils te coûteront cher… Tu participeras activement à leur équipement.
- Mais si je n’ai pas envie, moi, d’avoir des frères ou des sœurs, ou des enfants ?
- Parce que tu crois encore que c’est toi qui décide ? Le libre-arbitre, en ce bas-monde, ce n’est qu’un mot…
- Bon, interrompt Arzaraelus. A ton niveau d’expérience, tu n’as plus de travail, ici ?
- Je ne faisais que passer… Je retourne aux Paluns.
- Très bien, on t’accompagne. On va te montrer la vraie vie d’entraide.
Me voilà flanqué de deux compagnons que je n’attendais pas forcément. Mais après tout, je vais peut-être en apprendre plus sur ce monde, à leur contact.
J’aime bien le griffon. On demande une destination, on se cale confortablement, et on voyage, en ne se souciant que des paysages qui s’étalent sous vos pieds. Surtout, on ne se perd pas ! Je passe mon temps à chercher mon chemin, à me perdre, à confondre les lieux...
L’autre jour aux Paluns, j’étais avec un groupe et on avait décidé d’attaquer Nek’Rosh. On a fini par y arriver, mais juste avant la victoire, je suis mort. Mon ombre courait pour rejoindre mon corps et, bien évidemment, je me suis perdu, j’ai tourné en rond pendant de longs moments. Pendant ce temps, les autres membres du groupe ont récupéré la tête de Nek’Rosh, ont pillé le camp, et sont partis… Je me suis retrouvé seul, perdu, sans la tête, sans la quête qui m’était assignée, sans récompense ! Parfois, mon sens de l’inorientation m’énerve…
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:42 (2018)    Sujet du message: l'épopée de Muad'Dib

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